• Hervé Gaymard s'enfonce dans ses contradictions

    Il ne faut pas exagérer ! S'il n'était pas un fils de cordonnier !rt quoi encore?

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    La polémique enfle en France sur l'affaire de l'appartement de Gaymard
    13h12 - 24/02/05
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    Hervé Gaymard à sa sortie du Conseil des ministres le 23 février 2005
    © AFP Jack Guez
    PARIS (AFP) - L'ampleur prise par la polémique sur l'appartement d'Hervé Gaymard pose désormais la question de l'avenir immédiat du ministre de l'Economie voire du gouvernement Raffarin, selon la gauche, tandis qu'à droite, quelques voix s'élèvent pour considérer l'affaire comme close.

    Le ministre de l'Economie Hervé Gaymard se dit pour sa part "propre comme un sou neuf" et affirme être "complètement soutenu, autant à Matignon qu'à l'Elysée", selon des propos rapportés par Le Figaro de jeudi. "Je ne vais pas me laisser épingler comme un papillon alors que je suis propre comme un sou neuf et que nous travaillons comme des fous pour la République", confie M. Gaymard au quotidien.

    Une démission du gouvernement "n'est pas à l'ordre du jour", répète le ministre de l'Economie et des Finances qui ajoute: "je suis complètement soutenu, autant à Matignon qu'à l'Elysée" par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le chef de l'Etat Jacques Chirac.

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    L'immeuble où Hervé Gaymard s'était installé avec sa famille dans le VIIIè arrondissement de Paris, le 17 février 2005
    © AFP Jack Guez
    Se défendant de tout "acharnement" contre le ministre de l'Economie, le premier secrétaire du PS François Hollande s'est adressé jeudi à Jacques Chirac, qui "ne peut pas rester silencieux" face à une polémique à l'"effet ravageur".

    "La question est posée au président de la République. Comment faire avec un gouvernement aussi faible, aussi fragile, aussi atteint ? Cette question là, il ne pourra pas la contourner plus longtemps", a affirmé M. Hollande. Le numéro un du PS a pointé "deux manquements aux règles", l'un venant de M. Gaymard, l'autre du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin qui a autorisé la location controversée.

    Outre l'appartement loué aux frais de l'Etat et que la famille Gaymard a quitté, ce sont les mensonges supposés ou contradictions du ministre qui justifieraient un départ du gouvernement, selon le PS Arnaud Montebourg.

    M. Gaymard "a franchi un pas de plus vers la démission". "Que vaut désormais la parole d'un ministre de l'Economie qui dispose de la signature de la France dans des enceintes prestigieuses sur le plan international et qui en galvaude la crédibilité dans des mensonges pitoyables ?", s'est interrogé le député de Saône-et-Loire.

    Même ton chez le Vert Noël Mamère. "On a un ministre qui a menti, qui a pris des libéralités avec l'argent public. Ce sont deux raisons suffisantes pour entraîner sa démission", a-t-il dit. "Je ne vois pas comment Hervé Gaymard peut être soutenu plus longtemps par le Premier ministre et le président de la République, sinon soutenu comme la corde soutient le pendu", a-t-il commenté.

    Selon l'ancien ministre socialiste Ségolène Royal, "il est clair qu'il y a eu une faute et comme pour toute faute, il y a toujours des moyens de réparer". "Mais, a-t-elle ajouté, ce qui est peut-être plus grave, c'est la question de savoir s'il y a eu mensonge".

    Animateur du courant Nouveau monde au PS, Jean-Luc Mélenchon a indiqué ne pas croire à un changement de gouvernement. "Voilà un chef de l'Etat qui se fiche des élections. Il en perd trois l'une derrière l'autre, les cantonales, les régionales, les européennes (...) Vous imaginez que ce n'est pas pour un appartement qu'il va changer de gouvernement", a ironisé le sénateur de l'Essonne.

    Au-delà d'une éventuelle démission, Robert Hue (PCF) s'est demandé à qui "profitait" l'affaire Gaymard. "Je suis convaincu que derrière cette affaire (...) c'est Jacques Chirac qui est visé parce qu'Hervé Gaymard est son poulain", a-t-il dit, en évoquant "des coups bas".

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    Photo prise le 24 février 2005 de la façade d'un immeuble, boulevard Saint-Michel à Paris, où Hervé Gaymard possède un appartement
    © AFP Jack Guez
    Dans la majorité, M. Gaymard a reçu le soutien de son collègue du Commerce Christian Jacob. "L'opération de lynchage, ça suffit ! (...) Il a pris les décisions qui s'imposaient, en transparence. Il a payé la note, donc arrêtons", a-t-il lancé, en affirmant que la question de la démission "ne se posait pas".

    Deux députés UMP ont également apporté publiquement leur soutien. Philippe Briand, élu d'Indre-et-Loire, a dénoncé une "chasse à l'homme", tandis que Jérôme Chartier, député du Val-d'Oise, a jugé que M. Gaymard avait été à "la hauteur de ses responsabilités". Il a assuré avoir entendu beaucoup de parlementaires UMP considérer que "l'affaire était réglée".

    Après avoir révélé la semaine dernière que M. Gaymard avait à sa disposition un appartement en duplex dans le 8ème arrondissement de Paris, loué aux frais de l'Etat pour 14.000 euros par mois, le Canard Enchaîné a ajouté cette semaine que le couple Gaymard possédait un appartement boulevard Saint-Michel.

    M. Gaymard a annoncé mercredi dans un communiqué que cet appartement mesurait 200 m2 et était mis en location pour 2.300 euros par mois. Dans Le Figaro de jeudi, il ajoute qu'"il est loué avec un bail de trois ans régulièrement signé. Je ne pouvais donc pas le récupérer en demandant à ses occupants de le libérer en plein hiver".

     
     


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