• RAFFARIN VEUT S'ATTAQUER AUX CHOMEURS !

    Le gouvernement s'apprête à "bastonner" les chômeurs plutôt que de s'attaquer aux causes du chômage

    Le chômage a progressé de 0,3 % en mars, pour le troisième mois consécutif, ce qui porte le nombre de chômeurs a 2,5 millions. Le taux de chômage atteint 10,2 % de la population active. Encore une fois, on tourne le dos aux promesses de Raffarin de réduire de 10 % le niveau du chômage en 2005.

    Le Premier ministre a d'ailleurs admis qu'il serait dans l'incapacité de tenir cette promesse. En vérité, le gouvernement préfère s'attaquer aux chômeurs plutôt qu'au chômage. En effet, l'Etat, l'Anpe et l'Unedic sont en train de négocier, en catimini, une convention qui définira les modalités de contrôle des demandeurs d'emploi, dont le principe avait déjà été retenu dans la loi de Cohésion sociale. L'Anpe, autrement dit l'Etat, verrait ses prérogatives réduites, tandis que l'Unedic serait seule habilitée à « apprécier la réalité de la recherche d'emploi » et pourrait décider de diminuer le montant des allocations ou de les suspendre. Un décret à paraître doit graduer les sanctions en fonction des situations.

    L'objectif est de contraindre les chômeurs à accepter n'importe quel emploi, à n'importe quel prix et de créer les conditions d'une radiation massive des allocataires. Une sorte de revanche après l'affaire des « recalculés » et celle des intermittents du spectacle.

    Ce faisant, le gouvernement détourne l'attention sur les véritables causes du chômage : les fins de CDD ou de mission d'intérim constituent, à eux seuls, les deux tiers des inscriptions sur la liste des demandeurs d'emploi. Les inscriptions consécutives à un licenciement économique ont bondi de 6,6 % en mars par rapport au mois précédent.

    Plutôt que d'organiser la chasse aux chômeurs, qui aura inévitablement pour effet de grossir un peu plus les rangs de l'exclusion, le gouvernement serait mieux inspiré de mettre en œuvre une politique d'accompagnement de retour vers l'emploi. Celle-ci suppose de dégager les moyens financiers nécessaires et de renforcer les prérogatives du service public de l'emploi.

    Actuellement, seule l'administration a le pouvoir de sanctionner les chômeurs. Il n'y a aucune raison que cela change et que soit donnée à d'autres une telle responsabilité. Nous rappelons la nécessité d'une procédure contradictoire au cours de laquelle l'intéressé doit pouvoir se faire accompagner par une personne de son choix. Il est également urgent d'élaborer une charte de manière à encadrer l'activité des opérateurs privés de placement en leur interdisant notamment de sélectionner les demandeurs d'emploi en fonction de leur « employabilité ».

    Une labellisation de ces opérateurs et la mise en place d'un cahier des charges permettront d'éviter le développement des pratiques mercantiles. Enfin, plutôt que de culpabiliser les chômeurs, il faut définir précisément le contenu de l'Offre Valable d'Emploi (OVE) ou de l'Offre Valable de Reclassement (OVR) qui leur est proposé et notamment ce qui touche à la qualification, le niveau de salaire, la nature et la durée du contrat, les conditions de travail et celles de la mobilité, etc. Sur ce terrain, la Cgt est disponible pour faire des propositions.


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